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 Misha.

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― Kamylle.
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MessageSujet: Misha.   Lun 5 Avr - 0:10


    Voilà une histoire que j'ai commencé il y a pas très longtemps. Merci de me dire ce que vous en pensez <3 ( dans les commentaires ).
    ( ps ; je fais du copier/coller de word, donc désolée pour les retours à la ligne & tout >< )

    C'est du fantastique & c'est dur pur Chinook


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MessageSujet: Re: Misha.   Lun 5 Avr - 0:13

Chapter one ~ Journée inoubliable.


Certains jours, on se dit qu’on ne pourrait pas les oublier. Certains jours sont comme ça. Simplement marquants. Simplement inoubliables.

« Hé Mi-chat, tu vas à la SPA cet aprèm, adopter un petit frère ?! »
Une jeune fille se leva de table si précipitamment que beaucoup sursautèrent dans la salle. Ses cheveux roux, qui lui tombaient jusqu’aux hanches, virevoltèrent, surpris eux aussi. Elle se planta face à un lycéen qui avait perdu son sourire. Elle se pencha vers lui. On pourrait croire à une blague pour faire rire la galerie. Sauf que Misha –celle qui s’était levée – ne riait pas. Pas du tout.
Elle attrapa l’oreille du moqueur.
« Tu choisis, tête de criquet : Soit tu t’excuses, soit je t’arrache l’oreille. »
« C’est bon, c’est bon, c’était pour rire. »
Misha pinça son oreille un peu plus fort.
« Je suis désolé, ça te va ?! »
Elle partit se rasseoir à sa place, satisfaite, même si aucun sourire ne s’était affiché. La menace de la douleur terrifiait plus que la douleur elle-même. Elle ne supportait pas que l’on se moque de son nom – il était déjà suffisamment difficile à porter.
Toute la classe éclata de rire, ravie de voir qu’une fille était capable de dominer un garçon.
« On n’arrête maintenant ! » s’exclama Mme Hap, leur professeur de français.
Elle fusilla Misha du regard, qui le soutint de ses prunelles bleues comme l’océan un beau jour d’été. En effet, ses yeux, qui n’avaient rien de commun, étaient d’un bleu très clair, où l’on pouvait donc facilement distinguer quelques perles de mauve. Un regard que, généralement, on n’oubliait pas.
Mme Hap tressaillit et détourna le regard. Le premier sourire de Misha s’afficha.
Heureusement, la sonnerie coupa leur professeur dans des explications soporifiques. Misha n’était pas une fille agressive ni rien de tout ça. Elle savait juste se faire respecter. Elle détestait que l’on se paye sa tête. Franche, elle préférait de loin qu’on lui dise si on avait un problème avec elle. L’avantage, c’est que généralement, après la première semaine de cours, personne n’osait plus lui chercher des noises. Et le lycée ne changerait pas les habitudes du collège.
Ce n’était que le deuxième jour, la rentrée s’étant passée la veille. D’ici la fin de la semaine, personne ne viendrait s’en prendre à elle. Elle apprendrait même aux Terminales à respecter une Seconde, s’il le fallait.
Malgré son tempérament lunatique et impulsif, c’était une jeune fille pleine de dynamisme et d’humour. Elle aimait parler et s’amuser.
Les chaises crissèrent quand elles furent repoussées et Misha s’enfuit de sa salle de cours sans saluer Mme Hap – qui ne lui répondrait pas, de toute façon. C’était comme si elle la craignait. Ne vous méprenez pas, ça avait quelque chose d’effrayant de faire peur à son prof.

Dans les couloirs, entre bousculades et brouhaha, Misha le vit. William.
« Hé Will ! » s’écria-t-elle, son visage se fendant d’un immense sourire.
William s’approcha, lui prenant la main et l’embrassant doucement.
Ces deux-là se connaissaient depuis la primaire. N’ayant pas le même âge, ils s’étaient rencontrés un été, juste avant la rentrée en CP de Misha. Depuis, ils étaient inséparables. William avait deux ans de plus qu’elle, mais ça n’avait jamais rien changé entre eux. Que ce soit à sept, dix ou douze ans, Misha l’avait toujours aimé avec une passion que les adultes trouvaient dérangeante. « Si petits… » Disaient-ils. Mais les deux enfants n’avaient rien voulu savoir.
Aujourd’hui, Misha avait quinze ans et lui en avait dix-sept. Mais ça ne changeait toujours rien.
« On se voit au self ? » Lui demanda William avec un sourire en coin.
« Comme toujours. » Lui répondit Misha.
Elle passa le revers de sa main sur sa joue, fixant ses yeux noisette. Puis, elle rejeta son sac sur son dos, et s’éloigna dans les couloirs pour gagner son prochain cours – histoire, autant dire que ça allait être passionnant.
Elle ignorait encore qu’elle ne mangerait pas avec son petit ami, ce jour-là.

Quand elle entra, M. Dehury se racla bruyamment la gorge en fixant la retardataire. Misha s’assit à une place libre en lui adressant un petit sourire d’excuse. Il finit par soupirer, comme s’il était désespéré, et commença son cours.
Enfin, comme c’était la première fois qu’ils le voyaient, il entama la présentation de son cours tout au long de l’année et leur fit remplir une fiche d’informations.
A la question ‘en couple ou célibataire ?’, Misha se dit que c’était un pervers. Elle n’y répondit pas et passa. L’heure s’étira en longueur, interminable. L’historien fixait la jeune rousse avec une insistance déconcertante.
Quand enfin la sonnerie éclata en braillant une mélodie digne de plus piètre compositeur de l’école de Mozart, Misha rangea en hâte ses affaires. Le regard du prof ne la lâchait plus. Il était hors de question qu’elle sorte la dernière.
« Mademoiselle Hellya ? »
Misha soupira bruyamment – espérant que cet imbécile l’ait entendu.
Elle se retourna. Le professeur l’observait, avec un sourire malveillant. Les derniers élèves sortaient en ricanant. Elle était seule. Elle releva le menton, serrant les dents. Elle plongea son regard océanique dans celui du prof, usé et éteint.
« Oui ? »
« J-je voulais vous voir, bredouillait-il, troublé par ses prunelles. Vous m’avez l’air d’être douée dans cette matière. Je vois en vous des capacités qui dépassent celles de vos camarades de classe. Ne voulez-vous pas… que je vous donne des cours particuliers ? »
Tout ça d’une tirade bien maladroite. Mais surtout très mal attentionné, de l’avis de Misha. Elle repoussa ses longs cheveux raides qui tombaient derrière-elle dans une cascade flamboyante, avant de fixer le prof. Elle ouvrit la bouche, prête à lui lâcher une réponse cinglante qui lui fermerait le clapet, quand soudain, un courant d’air parcouru la salle. La porte se claqua.
Génial, pensa-t-elle. Il ne manquait plus que d’être enfermée avec lui. Elle soupira, mais recula. Prudence est mère de sûreté.
« Alors… ? » tenta tout de même l’homme en la regardant en souriant comme un gamin devant son jouet préféré dans les étalages d’un supermarché.
Jouet préféré mais inaccessible car trop haut. Inaccessible.
« Je suis désolée mais je n’ai pas besoin de vos cours. Je vous remercie. Je… dois aller à mon prochain cours. »
Il se précipita pour lui barrer la route. Il se trouvait entre elle et la porte.
C’est mauvais, ça.
C’est là qu’elle commença à avoir peur. Et s’il la violait ? Quelqu’un l’entendrait crier, ici, au milieu des deux mille six cents élèves ? Certainement pas, conclut-elle toute seule.
« Laissez-moi passer. »
Un sourire malsain s’étira sur les lèvres de M. Dehury.
Ce fut la dernière chose qu’elle vit. Un courant d’air – si on peut appeler ça comme ça car il avait l’intensité d’une tempête – traversa la salle, alors que la porte était déjà close et que celle de sécurité, à l’arrière de la salle, était fermée à clé.
Misha rouvrit les yeux quelques minutes plus tard, à en juger à sa montre. Le courant d’air avait dû la terrasser. Elle vit alors devant elle le corps de son nouveau professeur, allongé au sol, inerte. Il respirait. Assommé, certainement.
Un nouveau courant d’air, plus faible, attira son attention. En réalité, ce n’était pas le souffle d’air, mais plutôt la douce mélodie, tellement faible qu’elle en discernait à peine les notes, ainsi que l’odeur musquée qui flottait qui l’attira. Son regard se posa sur la porte verrouillée à l’arrière de la salle.
Qui était ouverte.
Elle se leva, s’épousseta brièvement, et marcha jusqu’à celle-ci, curieuse et intriguée. Ce qu’elle vit de l’autre côté lui coupa le souffle.
Il n’y avait pas de couloir.
Il n’y avait pas d’élèves.
Mais une immense prairie à l’herbe d’émeraude, secouée par un vent capricieux.
Misha resta un moment bouche bée devant ce spectacle. Je rêve, comprit-elle. Mais alors, si elle rêvait, que pouvait-elle risquer ? S’était-elle réellement endormie, là, au pied de son prof d’histoire qui, dès le premier jour, lui faisait de drôles de propositions ? Impossible. Mais l’hilarité de sa découverte la convainquit presque que ce n’était pas réel.
Presque.
Il y avait quelque chose, un aspect, des détails, qui prouvaient la réalité de la scène. Elle ne dormait pas. Elle fut soudain attirée, et eut une irréprochable envie d’y aller. Elle jeta un coup d’œil à son professeur inconscient, et haussa les épaules. Elle passa le seuil de la porte. Rien n’avait changé, sinon qu’elle entendait les oiseaux chanter et sentait le soleil puissant sur sa peau pâle. Elle sourit. C’était étrange, mais elle se sentait bien, ici. Entière. Elle avança un peu, observant les alentours. Derrière elle se trouvait une arche toute faite de pierre.
Une arche au travers de laquelle elle voyait son professeur, toujours étendu dans la salle. L’arche était surplombée d’une immense forêt, un océan d’arbres dont elle ne voyait la limite ni sur les côtés, ni dans sa profondeur. Elle se retourna vers la plaine.
C’est alors qu’elle remarqua une silhouette furtive qui s’avançait vers elle. Non, qui courrait. Misha plissa les yeux. Elle ne courrait pas.
La silhouette glissait. Elle volait presque. Non, elle volait carrément.
Deux ailes, de taille de son avant-bras, portaient l’inconnu dans sa direction. La vitesse rendait ses contours imprécis. Mais il sembla à Misha qu’il était humain. Si l’on oubliait les ailes. C’était un jeune garçon, de son âge. Il lui hurla quelque chose.
Croyant certainement à un salut de bienvenue, Misha sourit.
« Bonjour ! » répondit-elle.
L’individu se rapprocha. Et là, elle comprit ses paroles, et vit qu’il ne souriait pas.
« Va t’en ! » lui criait-il d’une voix pressante.
Misha sentit monter en elle de la colère. Pourquoi devrait-elle partir ? Il avait acheté la prairie ou quoi ?!
« Et pourquoi je partirais ?! »
Elle remarqua, avec la distance qui s’amenuisait, la lueur de terreur et d’urgence dans le regard ambré du garçon. Elle hésita. Il recommença à crier.
« Va t’en ! Repars d’où tu viens ! VITE !! »
Pour une fois, elle décida de se soumettre et obéit. Elle se retourna.
Mais trop tard.
Devant elle, l’arche disparut. Dans ses oreilles, elle entendit la porte claquer, et le verrou se tourner.

Certains jours, on se dit qu’on ne pourrait pas les oublier. Certains jours sont comme ça. Simplement marquants. Inoubliables.

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Dernière édition par [ Eole. le Mer 4 Aoû - 12:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Misha.   Lun 5 Avr - 10:28

Chapter two ~ Je ne suis pas chez moi ici.

Ne pas être chez soi, ce n’est pas une chose qui s’apprend ou qui se devine. Ca se ressent. Suffisamment croyez-moi pour que vous ne ratiez pas cette impression. C’était ce que ressentait Misha à ce moment précis. Elle savait qu’elle n’était pas chez elle. Qu’elle n’était pas à sa place.
Elle regardait, ses grands yeux bleus perlés de violet écarquillés de surprise. La porte s’était trouvée là quelques secondes plus tôt ! Et elle n’y était plus ! Paniquée, elle se retourna. Juste à temps pour voir l’étrange inconnu qui tendait la main vers elle. Elle eut un mouvement de recul, éloignant son épaule pour ne pas que celui-ci s’en empare. Après tout, il n’avait pas paru très accueillant. Sans comprendre, l’autre s’immobilisa net dans son geste. Il secoua la tête.
« Je ne te veux aucun mal. »
« Où… »
« Je t’expliquerais plus tard, on n’a pas le temps là ! » s’exclama-t-il, plus brusque soudain.
Misha fronça les sourcils. Elle voulait des explications. Maintenant. Mais pourtant, au fond d’elle, elle savait que ce n’était pas pareil ici. Qu’elle n’était pas devant un idiot de sa classe. Elle capitula, baissant les yeux, gênée. Comprenant qu’elle acceptait, l’inconnu lui prit la main. Une décharge les secoua tout les deux, rompant leur poignée. Le jeune garçon était un peu sonné, mais surtout surpris. Misha elle, avait atterrit les fesses dans l’herbe. Elle se releva, fronçant les sourcils.
« Qu’est-ce que… »
Mais elle s’interrompit en voyant la mine extrêmement pensive de celui qui lui faisait face. Les rides de son front étaient accentuées, ce qui le rendit subitement plus âgé. Misha resta silencieuse, ébranlée. Alors, le regard de l’inconnu remonta et croisa le sien. Il avait des prunelles ambrées comme le pelage d’un renard. Ses cheveux étaient d’une couleur rouille foncée, qu’il contenait en deux tresses de chaque côté qui lui tombaient sur les épaules. Il recula.
« Oh non… »
Le genre de parole dont on se passerait quand on est déjà si peu rassuré. La jeune fille pu détailler les petites ailes des la même couleur que ses cheveux. Elles n’étaient pas grandes comme celles des pégases ; elles ne faisaient que la longueur de son avant-bras. Peut-être grandiraient-elles plus tard. Pour briser la torpeur muette dans laquelle était plongé l’individu, Misha lui demanda :
« Qui es-tu ? »
« Je m’appelle Mahoran. Et toi, étrangère, qui es-tu ? »
« Je m’appelle Misha. »
Mahoran soupira en baissant les yeux. Il finit par tendre la main vers elle puis, se souvenant du choc qu’ils avaient subi, la retira. Il la dépassa en lui murmurant :
« Suis-moi. »
Misha hésitait. Devait-elle suivre un inconnu ? Quelles chances avait-elle de survivre ici, seule ? Aucunes. Alors, elle s’engagea à la suite du garçon ailé qui s’enfonçait déjà dans la forêt drue derrière elle.
« Attends-moi ! » lui cria-t-elle.
Mahoran se retourna, esquissant pour la première fois depuis leur rencontre, un petit sourire. Elle le rejoint en courant doucement, ses longs cheveux roux flottants derrière-elle. Mahoran la regardait d’un regard pétillant. Quand Misha s’arrêta près de lui et le regardant, souriant doucement, elle fut surprise de voir son visage se fermer brutalement.
« En route. »
« Euh… où allons-nous exactement ? »
« Là où les Helys ne pourront ne toucher. »
« Les quoi ?! »
Avant qu’il puisse lui répondre, une flèche enflammée frôla le nez de Misha qui sursauta. La flèche se planta dans l’arbre, et la jeune fille craignit qu’il ne s’enflamme. Si une brindille brûlait, toute la forêt allait s’embraser aussi. Mais le feu passa subitement au bleu et la flamme disparut instantanément.
« Mais… qu’est-ce que… »
« Je t’expliquerais tout plus tard ! » répéta Mahoran.
Il la saisit par le bras. Un nouveau choc électrique les sépara. Mahoran grommela quelque chose d’incompréhensible. Sans un mot, il tourna les talons et partit en courant. Hébétée, elle le regarda. Puis s’élança derrière-lui. Mais il allait bien plus vite qu’elle, même si elle était en bonne condition physique. Il ne tarda pas à disparaître. A quoi jouait-il ? Misha ralentit, ne sachant plus dans quelle direction aller. Autour d’elle, des arbres, des arbres et… des arbres. Elle soupira, observant les alentours. La journée touchait à sa fin, et au travers du rideau forestier, elle percevait les lumières rougeoyantes du crépuscule.
Un cri se fit entendre – sûrement un oiseau – et Misha se retourna précipitamment. Mahoran se tenait sur une branche, caressant une belle créature. Elle avait de longues plumes pourpres, qui dérivaient parfois dans l’oranger. Il s’en dégageait un tel respect que Misha en fut impressionné. Enfin, après un cri strident, l’oiseau prit son envol, et disparu dans le ciel peint des couleurs du coucher. Le garçon ailé se laissa alors tomber en douceur de sa branche et s’approcha d’elle. Sa voix était plus douce lorsqu’il lui parla.
« Excuse-moi de t’avoir laissé, j’avais juste besoin d’appeler un Messager et un Voyageur ne doit pas entendre la chanson utilisée pour les appeler. Nous pouvons repartir. »
Misha ne parvenait pas à saisir ses paroles. Qu’était un Messager ? Et un Voyageur ? Elle l’ignorait, même si elle devinait que c’était elle qui était désignée dans ce dernier nom.
Elle ne dit rien, retenant toutes les questions qui lui brûlaient les lèvres et s’engagea à la suite de Mahoran. Ils marchèrent jusqu’à la tombée complète de la nuit, quand le jeune garçon s’arrêta.
« Nous camperons ici. » annonça-t-il.
Misha acquiesça en silence. Elle ne comprenait rien à ce qui lui arrivait et peinait à suivre la suite des évènements. Mahoran s’en aperçut et lui sourit en lui intimant de s’asseoir.
« Je parie que tu as des questions. »
La jeune fille baissa les yeux.
« Ne te gêne pas, tu peux les poser, nous avons mis suffisamment de distance entre les Helys et nous. »
« D’accord. Bon, qu’est-ce qu’un Helys ? »
« Et si tu commençais par le début ? » suggéra-t-il en souriant, espiègle.
« Euh… bon alors, où suis-je ? »
« Tu ne le sais pas ?! » s’étonna-t-il.
« Je suis censée le savoir ? »
« Eh bien, j-je pensais que tu avais Voyagé volontairement. »
« Ce n’est pas le cas… » Annonça Misha en soupirant.
Le jeune garçon se rapprocha d’elle pour éviter d’avoir à élever la voix. Leurs paroles résonnaient dans le silence de la nuit.
« Alors, où suis-je ? Quel est cet endroit ? » Répéta-t-elle.
« Tu es à Ell’Ysa. »
« Comment… enfin, j-je… j’ai du mal à croire que… »
« Oui, je te comprend. C’est un endroit bien loin de celui d’où tu viens. Bien différent aussi. »
« J’étais en cours avec mon prof d’histoire qui voulait… »
« En cours ? » l’interrompit Mahoran.
« Oui, chez moi, nous allons en cours. A l’école. Pas vous ? »
« Euh, non. Dès que nous naissons, nous savons pour quoi nous sommes nés et nous apprenons seulement le nécessaire à notre destin. Un Chasseur n’aura pas le savoir d’un Chercheur. Tout comme un Protecteur n’aura pas les capacités d’un Messager. »
Autant qu’il parle en grec, ça ne changeait rien pour Misha : elle ne comprenait rien. Elle grimaça.
« J’ai peur de ne pas tout comprendre… Pour quoi es-tu né, toi ? »
« Je suis un Messager. »
« Qu’est-ce qu’un Messager ? »
« C’est quelqu’un qui apporte des messages. »
« C’est tout ? »
« Tu es bien curieuse, Misha ! s’exclama-t-il en riant. Tu as vu l’oiseau tout à l’heure ? »
Elle repensa à la créature flamboyante. Elle hocha la tête, vivement intéressée.
« C’est un Phoenix. Je suis Dresseur de Phoenix. Parfois, les Messagers découvrent une affection pour une certaine espèce de créature. »
La jeune fille ouvrit grand la bouche. Un Phoenix, comme dans les histoires.
Elle ne réussit pas à étouffer un bâillement et détourna le regard, honteuse de se laisser aller à la fatigue.
« Dors, Misha. Les Voyageurs ne sont pas les bienvenus ici. Demain est une longue journée. Tu as de la chance d’être tombé sur moi, et pas sur un Helys parce qu’il t’aurait tranché la tête depuis longtemps. Je vais devoir te ramener chez mon père, pour qu’il trouve une solution à ton problème. »
« Quel problème … ? » demanda-t-elle, les yeux déjà clos, roulée en boule à même le sol.
Etrangement, elle n’avait pas froid ; la nuit était douce.
« Rentrer chez toi voyons… » Murmura Mahoran, étonné de sa question.
Mais Misha ne l’entendit pas ; elle était déjà partie dans un sommeil profond.


Misha se réveilla en sursaut. Quelqu’un la secouait. Elle ouvrit les yeux et ouvrit la bouche pour protester mais une main se plaqua devant celle-ci pour l’empêcher de parler. Effarouchée, elle se redressa d’un coup, dévisageant Mahoran. Celui-ci lui intima le silence par un doigt devant sa bouche et lui murmura à l’oreille :
« Les Helys se sont rapprochés. Il faut avancer. »
Misha s’étira, frottant ses yeux endormis. Marcher, là, de bon matin ? Elle trouvait la plaisanterie de mauvais goût… mais s’aperçut très vite au regard pressant de Mahoran que ce n’était pas une plaisanterie. Elle se leva et entendit alors un bruit infime. Un léger courant d’air. Qui se multipliait. Elle tourna la tête juste à temps pour voir fondre sur elle une dizaine de flèches enflammées.
Elle écarquilla les yeux, se préparant à essayer d’esquiver. Mais qui aurait pu esquiver ce jet ? Personne. Elle ferma les yeux en attendant l’impact. Puis décida qu’elle préférait mourir en essayant. Elle tenta de courir sur le côté.
Les flèches fusèrent sur Misha… qui n’était plus là. Elles se plantèrent dans l’arbre, et toutes en même temps, produirent une flamme bleue avant de s’éteindre.
A quelques pas de là, Misha regardait les projectiles avec des yeux effrayés. Une seconde avant, les flèches allaient la transpercer. Et elle les avait évité.
Mahoran paraissait aussi surpris qu’elle.
« Une Séraphine… » marmonna-t-il.
Mais il ne donna pas le temps à Misha de le questionner, car il repartir aussitôt en l’intimant de le suivre. La jeune fille, encore dépassée, ne tarda pas à le voir s’éloigner. Elle se mit à courir pour le rattraper – mais avec l’expérience de la veille, elle s’en savait incapable.
Mais elle le rattrapa. Mahoran avait déplié ses petites ailes roussies et volait à une vitesse incroyable, proche du sol pourtant. Et Misha courrait librement à côté…
D’un coup, il s’arrêta. La dévisagea longuement. Pourquoi cela devait-il tomber sur elle ? Elle était si jolie, si gentille. Pourquoi le Ciel s’acharnait-il sur cette pauvre enfant ? Il secoua la tête, lâchant son regard bleu pour soupirer.
« Je… peux savoir ce qu’il se passe… ? »
« Il y a cinq Destins – métiers si tu préfères. Il y a les Chasseur : ils ont des cornes sur le haut de la tête, et son excellent à la chasse. Il y a les Chercheurs : ils sont tout à fait normaux, et s’intéressent à la science de notre monde. Ensuite, il y a les Protecteurs : ceux-là sont des combattants entraînés, n’en attaque jamais un. Ils servent de soldat pendant les guerres, et protègent les personnes gradées. Ensuite viennent les Messagers, comme moi. Nous avons des ailes pour nous permettre de nous déplacer plus vite de villes en villes ; notre tâche est d’apporter les nouvelles. »
« Ca fait quatre. »
« Et il y a les Séraphins. Ils sont souvent utilisés comme espions mais beaucoup le sont sans que personne ne le sache. Ils ne leur pousse ni ailes ni cornes mais ils ont une agilité accrue. Ils se déplacent plus vite que la normale. »
Misha ouvrit la bouche, la referma ensuite, ne trouvant rien à dire. Le Messager s’en chargea à sa place :
« Oui, je pense que tu es une Séraphine, parce que personne ne peut courir aussi vite qu’un Messager vole. »
« Qu’est-ce que ça signifie ? Enfin, c’est bien ou pas ? »
« Ce n’est ni bien ni pas bien, Misha. C’est plus compliqué que ça. Tu es une Voyageuse, tu ne peux pas être une Séraphine. »
« Mais tu viens de dire que… Attends, qu’est-ce qu’un Voyageur ? »
« Notre peuple les appelle ainsi car ils ‘voyagent entre les mondes’. Les humains, si tu préfèrent. »
« Voyager entre les mondes ? Mais, la porte… je n’ai pas choisi d’arriver là moi ! »
« Je sais, je sais, du calme. Il n’empêche que tu as traversé l’Arche. Cela faisait des milliers de lunes que ça ne s’était pas produit. Tu ne dois pas rester ici. Tu n’y es pas en sécurité. Tout le monde va vouloir te tuer. Si les Helys sont déjà au courant de ton arrivée, je suis certain que beaucoup savent qu’un Voyageur est entré à Ell’Ysa. »
La jeune fille plongea son regard bleuté dans celui, ambré, du garçon ailé. Elle n’y trouva aucun mensonge, aucune illusion. Ce qu’il disait semblait vrai.
Elle venait d’arriver. Et déjà, on voulait la tuer. Mais au lieu de poser une question intelligente, elle demanda :
« Quel âge as-tu ? »
« J’ai cent quatre vingt quatorze lunes. »
« Cent quatre vingt quatorze ?! Mais attend, à combien de jours correspond votre ‘lune’. »
« Trente jours, plus ou moins. »
Donc une lune est égale à un mois, en déduit-elle. Cent quatre vingt douze divisé par douze devrait faire…
« Tu as seize ans et quelques mois. »
« Seize quoi ? »
« Chez moi, douze mois, enfin lunes correspond à un an. »
« Ah. Quel âge as-tu toi ? »
« Ca doit me faire quelque chose comme… cent quatre vingt six lunes. Quinze ans et demi. »
« Plus jeune que moi alors ! » remarqua-t-il en souriant.
Misha lui rendit son sourire en lui tirant la langue.
« Pourquoi le feu des flèches devenait bleu ? »
« C’est du feu noir. S’il ne touche aucune cible, il se consume en passant par le bleu. »
« Et… pourquoi les, euh, Helys veulent me tuer ? »
« Tout le monde va vouloir te tuer, tu sais. »
« Mais pourquoi ?! Je ne leur ai rien fait moi ! »
« Je sais. Mais les Voyageurs ne sont jamais les bienvenus ici. Jamais. »
Misha soupira. Elle n’avait pas demandé à venir ici. Elle aurait peut-être dû rester dans la salle de son professeur, aussi malsain soit-il. Il ne l’aurait pas tué, lui. Mais étrangement, elle se sentait bien ici. Entière.
Même si je ne suis pas chez moi.

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